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Extrait du nouveau livre de Jean-Marie Houdoux
"Méfions-nous des présidents" (parution 2009)


En janvier 1981, François Mitterrand présenta Jacques Séguéla à ses responsables de campagne, Paul Quilès, Robert Badinter, Serge Moatti, Maurice Seveno. Accueil courtois, interrogations stratégiques mais comportement légèrement réservé à la présentation de l’affiche et du slogan.
François Mitterrand, pendant ses longues années de combats et de mobilisation des troupes socialistes parcourait seule la France à la rencontre des français. Il prétendait bien les connaître : leurs attentes, leurs styles de vie, leurs revendications… Il fut interloqué par l’une des enquêtes de la COFREMCA que lui présentèrent Jacques Séguéla et Jacques Pilhan. Cette société avait bâti sa réputation sur ses méthodes de sondages des comportements des français qu’elle classait en différentes catégories originales appelées les socio styles : utilitaristes, branchés, libertaires, décalés, frimeurs…
A la question posée : Quel est le candidat qui serait le mieux accepté par ces différents groupes d’individus? Un chiffre, cité par Jacques Séguéla parmi beaucoup d’autres, interpella François Mitterrand et ses compagnons : 42% des français sont ouverts au changement mais soucieux d’ordre.
La lecture de ce message se transforma en messages «ségualiens»
- Votre adversaire, VGE s’affiche avec le slogan «Il faut un président à la France» bien illustré par le visuel d’un homme en pleine possession de ses moyens, en pleine force de l’âge, vous devez lui opposer une autre image celle dans laquelle les français s’identifieront et qui s’identifiera à tous; celle de l’homme expérimenté dont l’âge est garant de sérénité, de sagesse, de la volonté d’un père, chef d’une grande famille.
«La force tranquille» était adoptée.
Le visuel de l’affiche posa problème.
François Mitterrand, à côté d’un clocher d’une église de village, l’interpella car il craignait que cela le fasse apparaître un peu trop calotin…
Dont acte.
Jacques Séguéla corrigea le visuel du le clocher l’église qui disparaîtra du premier plan et se fondra dans l’horizon d’un village de la France profonde mettant l‘apparence en cohérence avec son discours.
- Monsieur Mitterrand, souffla Séguéla, vous avez un costume du paraître, vous devriez avoir le tailleur de l’être. Mitterrand quittera son tailleur habituel Arnys pour Lassance
- Monsieur Mitterrand et si vous décidiez aussi de changer de dentiste, vous devriez lui demander de limer vos canines.
Ce qui paraissait insensé pour son entourage agrégé es médias, Mitterrand le fit. L’image lui donna raison.
-Monsieur Mitterrand, j’ai une autre suggestion. Mettez votre menton en avant, c’Est-ce que font tous les présidents américains. C’est le signe aristocratique de la sérénité.

jmhoudoux
08/08/09